Le Burkina Faso espère plus de 240 milliards de la mine d’Essakane, le partage des revenus toujours en question

L’annonce des ces chiffres repose pour le Burkina Faso et l’ensemble des pays de la sous région la question délicate du partage des revenus tirés des ressources minières.

« Alors que les réserves des autres mines déjà en production sont de taille moyenne, de 25 à 35 tonnes d’or environ, le gisement d’Essakane présente un tonnage beaucoup plus important jamais découvert dans notre pays », a précisé le ministre burkinabè des Mines des carrières et de l’énergie, Kader Cissé.

L’exploitation de la mine apportera au trésor public burkinabé au titre des divers impôts, taxes et et royalties prés de 240 milliards de francs FCFA, soit plus de 20 milliards CFA par an, selon les estimations fournies dans l’étude de faisabilité.

Ainsi après Taparko (Centre –Nord), Youga dans (Centre-Est), Mana (Sud), Kalsaka (Nord), Inata (Nord) l, la mine d’Essakane est la sixième mine d’or du Burkina Faso à passer à la phase d’exploitation.

La société canadienne Iamglo Corporation est l’actionnaire majoritaire d’Essakane SA et le principal opérateur de la mine. Selon les techniciens, elle a une durée de vie de douze ans et son investissement à mobilisé près de 230 milliards de F Cfa.

En dépit des ces gros chiffres sur la production et les retombées attendues, le Burkina Faso comme l’ensemble de l’Afrique de l’ouest (qui a connu durant la dernière décennie une remarquable explosion dans le domaine de l’exploitation minière), reste un pays où la majorité de la population vit dans la pauvreté.

Par exemple, la production d’or au Mali (cité avec le Ghana parmi les dix premiers producteurs mondiaux) est passée de quelque 26 tonnes en 2000 à plus de 60 tonnes en 2006, mais le pays reste largement tributaire de l’aide au développement.

La répartition inégale des revenus et le manque de transparence dans la signature des conventions entres les multinationales et les gouvernements sont souvent dénoncés dans la manière dont sont gérés les mines de la sous-région.

La plupart des pays à l’origine du boom dans le secteur minier connaissent d’ailleurs d’énormes difficultés économiques et restent sous développés, poussant des ONG et la société civile à dénoncer une complicité entre les dirigeants africains et les responsables de ces sociétés minières.

Pour rectifier le tir, un code minier régional à l’initiative de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) actuellement en gestation. Mais son adoption et sa mise en œuvre ne sont pas attendues avant juillet 2014.

Selon un document de l’organisation sous régionale, une politique minière commune devrait aider à « mettre en place un cadre législatif et règlementaire efficace » en vue de permettre « aux Etats de profiter de l’explosion de la demande des minéraux au niveau international ».