Les parlementaires panafricains ne veulent plus siéger dans une coquille vide

Des députés du parlement panafricain, issus des parlements nationaux, se sont souvent indignés de l’inefficacité de leur institution, puisqu’ils n’ont aucun pouvoir législatif, ce qui faisait du parlement une coquille vide sans réel emprise dans la marche du continent.
« L’octroi de pouvoirs législatifs au Pap, même limités aux domaines communs aux pays africains, renforcera le rôle du Pap dans la construction d’une Afrique unie et forte », affirment ces parlementaires dans un communiqué transmis à Ouestafnews.
Cette déclaration est faite à l’issue d’une rencontre de deux jours, pendant laquelle les participants ont en outre appelé les gouvernements des pays membres de l’Union africaine à accélérer le processus dans les lois nationales « des traités, conventions et accords signés » par l’Union africaine (UA).
Lors d’un sommet tenu à Banjul en juillet 2006, l’ex-président de la commission de l’U.A, Alpha Omar Konaré, avait dénoncé le laxisme et le manque de volonté politiques des Etats qui signaient des dizaines de traités et conventions destinés à promouvoir l’intégration et l’unité africaines, mais qui ne les faisaient jamais ratifier au niveau national pour les rendre effectives.
D’ailleurs, certaines sources diplomatiques avaient à l’époque attribué le départ du président Konaré de la tête de l’U.A à ce manque de volonté politique des Eats de donner plus de pouvoirs aux institutions sous-régionales et continentales.
Créé en mars 2004, le parlement panafricain est l’une de ces institutions. Il joue le rôle d’assemblée « consultative » de l’UA, mais ne dispose d’aucun pouvoir législatif, alors que son ultime objectif, selon les textes, est de devenir une institution jouissant de tous les pouvoirs législatifs et dont les membres sont élus au suffrage universel.
Actuellement, le Pap est composé de 265 députés. Chacun des 53 pays membres de l’Union envoie cinq députés élus ou nommés par les parlements nationaux. Les principaux partis ou mouvements politiques nationaux doivent être représentés dans cette délégation, ainsi qu’au moins une femme.
La conférence des présidents de parlement d’Afrique, qui s’est achevée le 9 octobre à Midrand, a réaffirmé « le rôle capital » que doit jouer le Pap dans « le processus de concrétisation efficace de l’intégration continentale ».