Les réfugiés mauritaniens au Sénégal préoccupés par le retour réclament l’exécution de « l’accord tripartite »

Les réfugiés mauritaniens au Sénégal préoccupés par le retour réclament l’exécution de « l’accord tripartite »
L’accord dont il est question a été signé en novembre 2007 pour favoriser le retour des milliers de négro-mauritaniens. Ceux-ci avaient été massivement déportés au Sénégal au lendemain des violences qui en 1989 avaient opposé des communautés maures et noires au Sénégal et en Mauritanie.

«Ceux qui sont rentrés sont actuellement très déçus, les promesses de l’accord tripartite n’ont pas été respectées », s’est indigné Mamadou Traoré un des responsables de la communauté des négro-mauritaniens réfugiés au Sénégal.

Il s’exprimait lors d’un entretien accordé à ouestafnews en marge d’une cérémonie organisée à l’occasion de la Journée mondiale du réfugié célébrée le 20 juin de chaque année.
M. Traoré a dénoncé, entre autres, le non-respect des mesures d’accompagnements prévues dans le cadre de l’accord tripartite telles que, « la réintégration et l’indemnisation des anciens fonctionnaires, la reconnaissance de l’Etat civil » ou encore la « la restitution des biens spoliés ».

Ces revendications ont toujours été au centre des préoccupations des réfugiés mauritaniens au Sénégal, estimés à 21.000 personnes par le HCR, dont 8.000 candidats au retour encore bloqués en territoire sénégalais.

« Il y a beaucoup (de réfugiés) qui ne veulent pas rentrer à cause justement de la question de l’indemnisation qui reste bloquée. C’’est même devenu un sujet tabou », selon un autre réfugié, Moctar Sy.

Au moment où ces revendications sont mises sur la table à Dakar, à l’intérieur même de la Mauritanie, des organisations de défense des droits de l’homme s’inquiètent du sort réservé à ceux qui sont déjà rentrés chez eux.

Pour le Forum des organisations nationales des droits humains en Mauritanie (Fondh), la question foncière « demeure la question la plus dramatique de cette opération de rapatriement ».

« Dans la plupart des sites de retour, on rencontre des populations d’agriculteurs qui n’ont plus de terres », écrit l’organisation dans un communiqué transmis à Ouestafnews qui précise que les terres exploitées par les déportés « avant 1989 ont été redistribuées, parfois au mépris même des dispositions de la loi foncière appliquée après leur départ ».

« Cette situation est grosse de conflits que les autorités doivent endiguer au plus vite », avertit le Fondh.
Selon des chiffres fournis par le HCR, l’Afrique de l’Ouest dans son ensemble compte au total 178.000 réfugiés, dont une majorité de Libériens.