Liberia : une journaliste menacée de mort

« Nous vous demandons en tant que première, et unique femme, à la tête d’un Etat en Afrique et défenseure des droits de l’homme de faire en sorte que sa sécurité soit assurée et que les menaces proférées contre elle fassent l’objet d’une enquête approfondie », affirme le CPJ dans sa lettre dont ouestafnews a obtenu copie.

Mae Azango, célèbre reporter travaillant entre autre pour le quotidien « FrontPageAfrica » subit des menaces de mort après avoir publié le 08 mars 2012 date de la célébration de la journée mondiale de la femme, un article sur les pratiques de mutilations génitales féminines encore présentes chez certaines communautés libériennes.

Son article intitulé « Growing Pains: Sande Tradition of Genital Cutting Threatens Liberian Women’s Health » et lu par Ouestafnews sur le site de FontPageAfrica, indique que ces pratiques de mutilations génitales entretenues par ces communautés amplifient le phénomène qui concerne 72 % des femmes dans le pays.

« A ce jour, deux pays africains, le Sénégal et la Somalie ont banni (en partie pour certains) les mutilations génitales féminines tandis qu’au Liberia et dans cinq autres pays, la coutume persiste (et est) transmise de génération en génération », écrit la journaliste ’dans son article.

« Des gens m’ont envoyé des messages disant qu’ils vont me découper afin que je la ferme », a-t-elle témoigné auprès du CPJ. Craignant pour sa vie, Mae Azango se cache depuis.

Depuis, l’article a défrayé la chronique suscitant beaucoup de débats dans les radios locales, selon le CPJ qui dans un communiqué antérieur a indiqué que les menaces de mort sont aussi adressées à ses collègues de « FrontPageAfrica ».
Face à de telles menaces, le CPJ fait « appel à l’autorité morale de Madame Johnson-Sirleaf pour dénoncer ces menaces afin aussi que les autres journalistes travaillant sur ce sujet sensible ne subissent le même sort ».

La liberté d’expression et celle de la presse sont consacrées par l’article 15 de la Constitution de 1986, a rappelé le ministre de la justice Johnni Lewis, dans un message devant la Cour suprême du pays, en date du mardi 13 mars 2012.

« La justice encourage une presse courageuse et équilibrée dans son travail (mais) la liberté de la presse ne doit pas mener à des abus de cette même liberté », a-t-il souligné, cité par le site d’information libérienne « The Inquirer ».