Liberté de presse : Nigeria, Gambie, Liberia au ban des accusés

La Fondation des médias pour l’Afrique de l’ouest (MWAFA, basée à Accra), a ainsi exprimé son inquiétude face à "l’augmentation du nombre de cas de violations des libertés de presse et des droits des journalistes" enregistrés dans la sous région pendant les douze derniers mois, selon un document de l’ONG obtenu par Ouestafnews.
"Rien que pour l’année 2006, la MWAFA a enregistré un nombre de 168 cas dans 15 des 16 pays" concernés, affirme le texte qui souligne que seul le Cap-vert échappe à cette liste des régimes qui bafouent la liberté de la presse avec zéro cas recensé.
Le Nigeria, le géant de la sous région "arrive en tête avec 32 cas recensés soit 19% du total", suivi de "la Gambie, pays le plus petit par la taille, la démographie et la superficie" mais qui totalise 27 cas, soit 16 % du total.
Le Liberia avec 20 cas (12 %), le Ghana 18 cas (11%) s’y ajoutent pour former le carré de la honte.
Ce quatuor est suivi de la Côte d’Ivoire et du Niger avec 15 cas chacun et la Guinée-Conakry avec 11 cas. Viennent ensuite le Sénégal et le Bénin qui, en dépit de leur image de pays démocratique figurent au milieu du tableau avec 8 cas chacun, le même nombre de cas que la Sierra Leone.
Les autres pays concernés sont : le Togo (3 cas), le Mali (2 cas) et la Guinée Bissau (2 cas). Le Burkina Faso et l Mauritanie ferment la liste avec 1 cas chacun.
La MFWA, souligne toutefois que certains cas peuvent n’avoir pas été recensés, soit parce qu’il n’ont jamais été signalé ou que la presse n’en a jamais fait écho. Il ‘agit souvent de cas qui se déroulent loin des capitales, fait observer l’ONG. Le nombre élevé de cas ne veut pas non plus dire "les cas les plus cruels" précise la Fondation, "sauf pour la Gambie où ont été enregistrés les pires cas et les cas de répression les plus violentes".
Ce dernier pays est particulièrement pointé du doigt, car écrit la MFWA, les "violations (de la liberté de presse) y sont l’oeuvre d’acteurs étatiques et sont généralement le résultat d’une politique gouvernementale répressive".