Mali : 50 milliards FCFA détournés en 2012, IBK décrète la tolérance zéro

« Je suis déterminé de toute mon âme à organiser implacablement la lutte contre la corruption sur la base d’un principe intangible : ‘Tolérance zéro’, sans aucune exception. Le Mali a trop longtemps saigné, il est temps d’arrêter l’hémorragie », a-t-il martelé dans un discours parvenu à Ouestafnews.
 
« Nul ne s’enrichira impunément sur le dos du Mali. Nul ne se soustraira à l’obligation de rendre compte », a ajouté le président Keïta  qui recevait en audience, le mercredi 27 novembre 2013, le Vérificateur général du Mali, Amadou Ousmane Touré, venu présenter son rapport annuel.
 
Ce texte au parfum de scandale expose une série de détournements de deniers publics, culminant à 50 milliards FCFA durant l’année 2012, qui a vu le Mali traverser une grave crise.
 
A la poussée des groupes armés dans le Nord s’était ajouté le coup d’Etat du 22 mars 2012, mené par le capitaine Amadou Sanogo (aujourd’hui entre les mains de la justice malienne, accusé de meurtres et complicités de meurtres).
 
Cette crise sociopolitique marquée par une partition du pays, s’accompagnait aussi d’une forte récession économique. Autant de malheurs qui rendent ce détournement de fonds publics très cruel aux yeux du président malien.
 
« Pendant que notre nation touche le fond par le biais d’une crise sans précédent (…) comment pouvait-on imaginer que des agents, commis pour gérer les maigres ressources de l’État, tranquillement, toute dignité bue, aient pu s’adonner à la fraude, la mauvaise gestion, le détournement de deniers publics, à une si grande échelle ?» a t-il déploré.
 
Selon l’indice de perception de la corruption de l’Ong, Transparency international, en 2012, le Mali occupait la 105è place sur 176 pays.
 
Institué en 2003, le Bureau du Vérificateur Général (BVG)  répond à un souci de « contrôle à savoir la mise en place d’une autorité administrative indépendante chargée de la vérification générale et dont les missions doivent contribuer à une meilleure gestion des ressources publiques » précise son site internet.