Mali : la Cedeao met ses menaces à exécution

« Toutes les mesures diplomatiques et économiques sont applicables dès aujourd’hui », a déclaré à la radio privé sénégalaise RFM, le président ivoirien, également président en exercice de la Cedeao, Alassane Ouattara ce lundi 2 avril 2012.

Ces sanctions interviennent en dépit d’une annonce faite la veille à Bamako par les putschistes qui disaient avoir remis en place l’ancienne constitution (de 1992) qu’ils avaient suspendue et qui promettaient aussi la mise en place d’un gouvernement de transition, chargé d’organiser des élections. Mais le capitaine Sanogo n’avait pas annoncé son retour dans les casernes comme le lui demandait la Cedeao.

M. Ouattara ainsi que plusieurs autres chefs d’Etat de la Cedeao se sont réunis à Dakar ce jour, en marge de la cérémonie d’investiture du nouveau président Sénégalais Macky Sall. Selon le président Ouattara, qui annonce une autre réunion dans les jours à venir à Abidjan, la junte militaire doit se mettre à l’écart du pouvoir qui doit être remis aux civils.

Au sortir de sa réunion d’urgence tenue à Abidjan, jeudi 29 mars 2012, l’organisation sous-régionale avait brandi un certain nombre de sanctions économiques et diplomatiques contre les putschistes qui avaient chassé du pouvoir dans la nuit du 21 au 22 mars, le président démocratiquement élu, Amadou Toumani Touré.

La Cedeao qui demandait un retour immédiat à l’ordre constitutionnel avait donné un délai de 72 heures aux putschistes, qui a d’ailleurs pris fin ce lundi.

A partir de ce jour, les militaires, vont subir entre autres sanctions, le gel des comptes du pays à la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (Bceao), le gel des avoirs des membres de la junte et de leurs associés, l’interdiction de voyager au sein des frontières de la Cedeao, le rappel des ambassadeurs accrédités dans le pays, etc.

Ces sanctions sont prises alors que le nord du pays fait face à une rébellion armée. Toutes les grandes villes du septentrion malien sont tombées en moins d’une semaine aux mains du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA, un mouvement armé touarègue). On signale aussi la présence d’un mouvement islamiste Ansar-Din, présenté par certaines sources comme allié du MNLA.

La junte militaire avait justifié la prise du pouvoir à Bamako, par l’incapacité du président, Amadou Toumani Touré, qu’elle a destitué à faire face à le rébellion.