Mandats d’arrêts de la France contre des Sénégalais dans l’affaire du « Joola » : décision « non fondée », selon Dakar

"Le Joola", bateau assurant la liaison Dakar-Ziguinchor. Photo/ Wikipédia.

Ouestafnews – Les mandats d’arrêts, délivrés dans l’affaire du bateau le Joola par un juge français contre de hautes personnalités sénégalaises dont l’ex-premier ministre Mme Mame Madior Boye, l’ont été « sur une base non fondée », a confié à Ouestaf News un membre du gouvernement sénégalais.

« Nous désapprouvons totalement (cette décision) parce que les mandats d’arrêts ont été délivrés sur une base qui n’est pas fondée », a déclaré Madické Niang, ministre sénégalais de la Justice interrogé au téléphone par un journaliste d’Ouestaf News.

Une dépêche de l’Agence France Presse (AFP), datée du 12 septembre et reprise par plusieurs sites internet, a annoncé qu’un juge français a « délivré (le même jour) neuf mandats d’arrêts internationaux contre de hauts dignitaires sénégalais, dont l’ancienne premier ministre Mame Madior Boye, pour leur responsabilité présumée dans le naufrage du Joola », bateau qui au moment du désastre en 2002 assurait la liaison Dakar-Ziguinchor (sud du Sénégal).

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Qualifiant la décision du juge français d’« inadmissible », le ministre sénégalais, qui est par ailleurs un juriste, estime qu’on ne peut engager « la responsabilité pénale » des personnalités mises en cause par la justice française, aucun « fait réel » ne leur étant imputable individuellement.

Le Sénégal va prendre des initiatives « pour obtenir l’annulation de ces mandats d’arrêts », a poursuivi Madické Niang ajoutant que « des discussions vont être enclenchées sur le plan diplomatique ».

La décision du juge français s’appuie entre autres, selon la dépêche de l’AFP, sur « 19 manquements à trois conventions internationales maritimes, ratifiées par la France et le Sénégal ».

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« En suivant un tel raisonnement », réplique M. Niang, avocat de profession, le Sénégal pourrait bien à son tour engager des poursuites contre des Français, puisqu’il y a plusieurs cas où des Sénégalais ont perdu la vie en France, sans qu’aucune procédure ne soit enclenchée par Dakar.

Le Joola avait coulé le 26 septembre 2002 au large des côtes gambiennes, alors qu’il reliait Ziguinchor à la capitale. Plus de 1800 personnes y avait laissé leur vie, selon les sources officielles, plongeant le pays dans un profond émoi qui durera plusieurs mois. Seules 65 personnes avaient survécu au désastre.