Mauritanie : les USA tiennent toujours au “retour du président démocratiquement élu”

Arrivé au pouvoir en avril 2007, Ould Abdallahi avait été renversé par des militaires le 6 août 2008 et depuis cette date, la Mauritanie vit une période de vives tensions et fait face à des sanctions de la part de la communauté internationale.
« Les Etats-Unis continuent à croire qu’une solution stable et durable de la crise passe nécessairement par le retour de toutes les institutions constitutionnelles, y compris le retour du président, démocratiquement élu », affirme un communiqué de l’ambassade des Etats-Unis à Nouakchott parvenu à Ouestafnews.
Ce communiqué a été rendu public alors que l’auteur du coup d’Etat contre Ould Abdallahi, le général Mohamed Ould Abdel Aziz est en course pour la présidence à l’élection programmée pour le mois de juin prochain.
Pour pouvoir se présenter, le général avait démissionné de son poste de chef d’Etat, mais les analystes et l’opposition estiment que c’est après avoir « verrouillé le système » pour assurer son retour au pouvoir par la voie des urnes.
Cette thèse semble avoir convaincu les Américains pour qui, « la poursuite des efforts unilatéraux menant aux élections de juin ne répondrait probablement pas aux exigences mauritaniennes et internationales pour un retour à l’ordre démocratique ».
La prise de position des Etats-Unis pourrait renforcer le camp du « boycott » qui s’oppose à la tenue d’une présidentielle organisée par le haut Conseil d’Etat (HCE, la junte militaire au pouvoir) et à laquelle participeraient les putschistes.
Dès les premiers jours du coup d’Etat, une coalition de partis politiques réunis au sein du Front national pour la Défense de la Démocratie (FNDD) s’est opposée au putsch et est restée intransigeante dans son refus de reconnaître les nouvelles autorités et de participer à toute opération qu’elles initieraient.
Dans son communiqué, l’ambassade des Etats-unis a admis avoir apporté son soutien « technique limité» à des organisations opposées à la junte.