Mines ouest africaines : manque d’infrastructures et spéculation inquiètent, selon un expert

« L’Afrique en général n’est pas un continent plus risqué pour les sociétés minières que d’autres régions émergentes. Cependant, elle présente certains défis spécifiques notamment en termes de capacité et d’infrastructures », a affirmé Mark Bristow, Directeur exécutif de Randgold Resources.
M. Bristow s’exprimait le 12 avril 2010 à la première journée du Salon international des mines qui se tient jusqu’au 15 avril à Dakar, selon un document transmis à Ouestafnews.

Le patron de la société minière, présente surtout en Afrique de l’Ouest, a aussi dénoncé le phénomène de « la sur promotion des mines marginales par les spéculateurs (qui) a déçu de nombreuses attentes y compris celles des pays hôtes ».

« La réalité est que gérer un patrimoine minier (…) est un travail difficile et pénible qui requiert du temps de dix à quinze ans, aussi bien que de la ténacité, de l’expertise et des ressources », selon le patron de Randgold, une multinationale qui dans la région ouest africaine, exploite des mines d’or au Mali, en Côte d’Ivoire et au Sénégal .

Lors de la même rencontre le président sénégalais a dénoncé à l’ouverture la « concurrence ruineuse » que de livrent les pays africains pour attirer des investissements dans un secteur souvent sujet à polémiques, sur la répartition inégale des revenus ou encore sur le manque de transparence dans la signature des conventions entre les Etats ouest africains et les sociétés minières.

«Le développement durable des industries aurifères profitables africaines nécessite un engagement et un partenariat à long terme entre les sociétés minières, les investisseurs et les gouvernements des pays hôtes», a plaidé le responsable de Randgold qui estime que « l’Afrique de l’Ouest et Centrale détiennent de gros potentiels de découvertes de mines d’or de classe mondiale ».

Quelques trois cent participants en provenance de plus d’une trentaine de pays étaient attendus à ce Salon international des mines qui prend fin le 15 avril, selon les organisateurs.

L’Afrique de l’ouest a connu durant la dernière décennie une remarquable explosion dans le domaine de l’exploitation minière, mais les pays à la base de ce boom connaissent tous d’énormes difficultés économiques et restent tous sous développés, poussant des ONG et la société civile à dénoncer une complicité entre les dirigeants africains et les responsables de ces sociétés minières.