Mittal : décrié au Liberia, à l’affût au Sénégal

Ce contrat, signé avec le gouvernement libérien de transition – alors dirigé par Gyude Bryant – à seulement 5 mois des élections, "est largement" déséquilibré en faveur du géant des mines, selon le rapport qui déplore que le Libéria ait grandement cédé "sa souveraineté et ses droits économiques en faveur de Mittal".
Parmi les nombreux exemples cités pour corroborer cette affirmation, Global Witness cite le transfert en faveur de Mittal d’infrastructures "publiques majeures", dont notamment un chemin de fer et le port de Buchanan, que le gouvernement du Libéria ne peut utiliser que si des espaces y restent disponibles pour lui.
Ce rapport est rendu public à quelques jours de la reprise des négociations, prévues mi-octobre, entre Mittal Steel et le nouveau gouvernement libérien de Ellen Johnson Sirleaf, qui a promis de revoir tous les accords signés par ses prédécesseurs au pouvoir.
Une première séance de négociations tenue le mois dernier à New York s’était terminée par un échec.
La compagnie dirigée par Lakshmi Mittal, magnat britannique d’origine indienne, a aussi des visées dans d’autres partis de l’Afrique de l’ouest, notamment au Sénégal, où le gouvernement avait annoncé il y a quelques mois la signature d’un partenariat pour l’exploitation du fer de la Falémé, dans l’extrême est du Sénégal.
L’annonce de la signature de cet accord n’avait pas plu à la firme sud africaine, Kumba Resources, qui avait déjà conclu un accord préliminaire avec le Sénégal pour les mêmes mines et qui s’estimait lésée.
Des sources proches du dossier à Dakar font état de "lenteurs et de difficultés" dans la conclusion d’un accord final entre Mittal et le Sénégal, sans qu’on puisse en savoir les raisons.