Mort du Pr Traoré : le Mali perd un ministre et militant panafricaniste


par : Ouestafnews

Le ministre malien de l’éducation nationale, le professeur Mamadou Lamine Traoré, s’est éteint le 21 juillet à Bamako, rapporte un correspondant d’Ouestafnews dans la capitale malienne.
Décrit pas ses compatriotes comme un « grand démocrate et un panafricaniste convaincu», le Pr. Traoré avait combattu le régime du général Moussa Traoré dans la clandestinité, refusant les situations de compromission.
Le ton posé et le verbe mesuré, il s’était vite éloigné de ses compagnons de lutte avec qui il avait cheminé dans la clandestinité, à l’image d’Alpha Oumar Konaré (ex-chef d’Etat malien et actuel président de la Commission de l’Union africaine). Il accusait ceux-ci d’être devenus des militants d’une « gauche caviar ».
Mais, son militantisme et son panafricanisme ne faibliront pas un instant, tant au niveau de l’Alliance pour la démocratie au Mali (Adéma alors dirigé par Konaré) que du Mouvement pour l’indépendance, la renaissance et l’intégration africaine, le Miria qu’il avait créé lui-même en 1994 après son départ de l’Adéma.
Les positions trop rigoureuses ce cet homme, que l’ont dit « incapable de compromis », le conduit à se séparer de ses compagnons avec qui il avait fondé le Miria, ses lieutenants les plus fidèles lui reprochant alors ses « positions tranchées ».
Membre du Comité de transition pour le salut du peuple sous la Transition (1991-1992, sous Amadou Toumani Touré) qui mit fin au régime de Moussa Traoré, Mamadou Lamine Traoré entrera aussi dans le 1er gouvernement de la 3ème république en qualité de ministre d’Etat chargé de l’Administration territoriale et de la Sécurité, avec la victoire de l’Adéma, son parti de l’époque. Mais il avait fini par quitter le gouvernement.
Il retourne alors dans l’enseignement à la Faculté des lettre et sciences humaines de l’Université de Bamako avant d’être d’être appelé une nouvelle fois au gouvernement avec le retour aux affaires d’Amadou Toumani Touré.
Né le 2 janvier 1947 à Bamako, le défunt fit ses études primaires et secondaires dans la capitale malienne avant d’aller poursuivre ses études supérieures de philosophie dans l’ex-URSS, puis en France à la Sorbonne.