Niger : des milliers d’Arabes tchadiens ‘indésirables’

La décision, annoncée le 24 octobre par le ministre nigérien de l’Intérieur, Mounkaila Modi, se justifie par la difficile co-existence entre ces arabes et les populations autochtones, selon le ministre cité par plusieurs correspondants de presse étrangère basés à Niamey.
Dès le lendemain de l’annonce, des centaines de personnes, essentiellement des femmes et des enfants, ont déjà commencé à quitter le Niger vers la frontière tchadienne, selon un des correspondants de la BBC (la radio publique britannique) sur place.
Certains membres de la communauté arabe ont lancé un appel au Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés afin de les aider à faire face à la situation.
De leur côté, un groupe de députés eux-mêmes issus de la communauté Mahamid ont appelé "l’Union africaine et l’ONU" à intervenir auprès du gouvernement nigérien pour éviter "un conflit très grave".
Ces députés, qui comme beaucoup d’Arabes frappés par l’ordre d’expulsion ont la nationalité nigérienne, ont aussi appelé le président Mamadou Tandja à se "ressaisir" et à revenir sur la décision.
Certains médias étrangers ont estimé à plus de 150.000 le nombre de personnes concernées par la mesure alors que d’autres sources estiment qu’elles ne seraient pas plus de 20.000.
Les Mahamid, établis à plus de 1.400 km de Niamey dans la région de Diffa (sud-est), y étaient venus pour la plupart en tant que réfugiés dans les années 80 lorsque leur pays était confronté à une série de conflits sanglants pour le contrôle du pouvoir à Ndjaména.