Niger : l’insécurité plombe la croissance

Ce repli dû à l’insécurité a aussi causé un « accroissement des dépenses militaires, alors que le gouvernement était dans la voie d’une réduction du déficit budgétaire », a indiqué Ahmed Zorome, le représentant résidant du FMI à Niamey cité par Reuters.

Face à ces bouleversements, le FMI a revu à la baisse ses prévisions de croissance qui sera de 5,8% cette année, alors qu’un taux de 6,2% était initialement annoncé.

Subissant les contrecoups de l’insécurité qui règne dans le Sahel, particulièrement au Mali, le nord du Niger a été frappé en mai 2013 par des attaques suicides revendiquées par le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’ouest (Mujao).
Ces attaques ont fait une vingtaine de morts, dans un camp militaire d’Agadez et le site d’extraction d’uranium d’Arlit exploité par le français Areva.

Selon M. Zorome, l’attaque contre Areva n’est pas le seul motif de ce recul de la croissance, mais le contexte sécuritaire actuel ne favorise pas une avancée de l’économie.

La réponse à ce défi sécuritaire, à travers les dépenses militaires, risque de creuser davantage le déficit budgétaire du pays en 2013, d’après le Fmi.

Cependant, la production pétrolière entamée en 2011, en collaboration avec la Chine, constitue un motif d’espoir pour les finances publiques avec une production de 16.500 barils par jour.

« Si la tendance est maintenue, le pétrole va contribuer grandement au budget national et permettra la réalisation d’infrastructures comme les routes, les écoles et les télécommunications », a ajouté Ahmed Zorome.

Le Niger est le quatrième producteur mondial d’uranium, avec 9% du marché mondial. Le partenariat avec Areva est souvent critiqué notamment par la société civile qui reproche à l’entreprise française de polluer l’environnement. En octobre 2012, les autorités nigériennes se sont plaintes des faibles recettes tirées de ce minerai.