Niger : une voix de plus contre le projet de référendum du président Tandja

Le projet de référendum vise à adopter une nouvelle Constitution qui permettrait à l’actuel chef d’Etat du Niger de rester au pouvoir pour quelques années supplémentaires.
« La perspective de la prolongation du mandat présidentiel finissant en décembre prochain, signifie purement et simplement qu’il n’y aura pas d’élection présidentielle cette année », affirment la FIDH et l’ANDDH dans un communiqué conjoint transmis à Ouestafnews et qui rappelle que le mandat du président Tandja arrive légalement à terme le « le 22 décembre 2009 ».
Les deux organisations s’inquiètent des conséquences de ces décisions sur le respect des principes démocratiques au Niger, souligne le texte, estimant que ce sont des décisions qui vont « à l’encontre des principaux engagements internationaux pris par le Niger ».
La FIDH ajoute ainsi sa voix à celles d’autres organisations internationales qui ont déjà exprimé leur inquiétude.
La Commission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) a déjà invité Mamadou Tandja au respect de la Constitution alors que de son côté la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (Raddho), basée à Dakar) dénonçait un « coup d’Etat rampant » du chef d’Etat nigérien.
Cette dernière organisation a également appelé le président Tandja à se ressaisir et à « revenir » sur sa décision pour s’assurer une sortie « dans la dignité et l’honneur ».
Tous ces rappels à l’ordre interviennent alors que l’Afrique regarde avec beaucoup d’inquiétude les développements politiques dans ce vaste pays d’Afrique de l’Ouest, aujourd’hui divisé en deux camps après l’annonce faite par le président Tandja de faire réviser la constitution.
D’un côté, une coalition de plus de 200 organisations nigériennes composée d’associations, de partis politiques et d’ONG s’opposent à ce projet, alors que les partisans de Tandja battent campagne en faveur de ce qu’ils appellent Tazartché (ou Tazarcé, signifiant prolongation en langue nationale haoussa).
Le Niger, après une série de coups d’Etats et une période de forte instabilité politique, avait au milieu des années 90, pu se redresser grâce à un consensus auquel avait adhéré l’ensemble de la classe politique et qui était fondé sur une constitution adoptée en 1999 qui limitait la durée et le nombre de mandats présidentiels.