Nigeria : les syndicats « suspendent » leur grève

Cette grève entamée, le 9 janvier avait paralysé l’activité dans la totalité du pays le plus peuplé d’Afrique (158 millions d’habitants) et provoqué de violentes manifestations qui ont fait au moins dix morts, selon diverses sources.

« Les syndicats et leurs alliés annoncent formellement la suspension des grèves, manifestations à travers le pays », selon un communiqué signé par les deux principales centrales syndicales à l’origine de la grève, le National Labour Congress (NLC) et le Trade Union Congres. Le communiqué a été publié sur le site du NLC consulté par Ouestafnews.

Après cinq jours de paralysie de l’économie nigériane et d’affrontements entre manifestants et forces de l’ordre, les grévistes avaient accepté de suspendre une première fois leur mouvement durant le week-end du 13 au 15 janvier pour donner une « dernière chance au gouvernement ».

L’occasion a été saisi par le président Goodluck Jonathan, qui a annoncé une baisse de 30 % du litre de carburant qui sera ainsi vendu à 97 nairas au lieu de 140 prévus antérieueurement. Le président nigérian a aussi promis de faire la lumière sur la corruption qui gangrène le secteur pétrolier.

Ce lundi 16 janvier 2012, le gouvernement craignant un rejet de sa proposition avait fait quadriller les artères stratégiques de la capitale économique Lagos par des éléments de l’armée, selon plusieurs medias internationaux.

La levée de la subvention sur les produits pétroliers, qui soulèvement depuis plusieurs mois une vive polémique dans le pays, est entré en vigueur dès les premiers jours de janvier 2011, entraînant un doublement du prix de l’essence qui est passé de 65 à 140 nairas.

Cette subvention que les régimes précédents ont en vain essayé de supprimer, est « synonyme d’inefficacité et de corruption », selon les arguments du gouvernement fédéral. Selon les autorités la nouvelle mesure devrait permettre d’économiser plus de 6 milliards de dollars qui seront affectés au développement des infrastructures, notamment les quatre raffineries dont l’état défectueux oblige le premier producteur de brut du continent africain à importer des produits pétroliers finis.