Nigeria : négociations pour rapatrier la fortune d’Abacha

Il s’agira de rapatrier au Nigeria, « 550 millions de dollars (1 million de dollars, équivaut à 477 millions FCFA, aux taux d’aujourd’hui) et de 95.910 livres sterling (76 millions FCFA) disséminés dans 10 comptes bancaires et six portefeuilles d’investissement appartenant au défunt chef de l’Etat », indique un communiqué du ministère nigérian de la justice, publié le 27 mars 2014.

Pour les autorités, cette manne financière est issue de la corruption qui a caractérisé le régime, du défunt général. Grâce à la coopération américaine, les comptes et portefeuilles d’investissements localisés en France, en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis et dans les Iles Vierges britanniques font déjà l’objet d’un gel.

Le Nigeria s’appuie sur l’accord d’entraide judiciaire en matière pénale et sur la convention des Nations –unies sur la corruption pour solliciter le rapatriement de cet argent.

« Nous saluons, les efforts des autorités américaines pour retrouver ses fonds, qui seront rapatrier pour le seul bénéfice des Nigérians » a déclaré le ministre de la Justice Muhammed Bello Adoke.

En plus de la corruption, le régime dictatorial du général Abacha qui a duré de 1993 à 1998, se distinguait aussi par des atteintes aux droits de l’Homme, comme l’atteste l’exécution de l’écrivain et environnementaliste, Ken Saro Wiwa en compagnie de huit militants du Delta du Niger dans un procès dit « bâclé ».

L’inscription du nom de Sani Abacha sur la liste des cent personnalités marquantes du centenaire de l’existence de la nation nigériane, a fait sortir de ses gonds, le prix Nobel de littérature, Wole Soyinka. Dans un texte au vitriol, le prix Nobel, a fortement critiqué les dirigeants de son pays, en particulier le président Goodluck Jonathan qui ont érigé au rang de « modèle » un « assassin » et « un voleur ».