Nigeria : veille de présidentielle sous tension, Atiku partant

Annoncé non-partant par la Commission nationale électorale indépendante (INEC), Atiku Abubakar a dû livrer un rude combat pour se voir rétabli dans ses droits et ce n’est que le lundi 16 avril que la Cour suprême du Nigeria, a annoncé sa décision, permettant ainsi au vice-président sortant de se mettre sur la ligne de départ.
Une décision qui met fin à plusieurs mois d’âpres batailles politico-juridiques sur fond d’accusations de corruption, mais qui n’apaise pas pour autant le climat politique.
A la veille de l’élection, "la tension régnait partout", selon un collaborateur d’Ouestafnews à Lagos.
Au terme de la nouvelle constitution nigériane, le président sortant Olusegun Obasanjo élu en 1999 et réélu en 2003, ayant donc épuisé ses deux mandats, ne peut se représenter.
C’est pour avoir défendu ce principe que son ancien allié et vice-président s’est retrouvé parmi ses ennemis à abattre, d’où les accusations de corruption lancées par Obasanjo lui-même contre Atiku Abubakar pour discréditer sa candidature.
La rivalité entre les hommes avait fini par se transformer en un feuilleton politico-judiciaire, et de placer l’ex.-vice président dans la position de candidat de l’opposition.
Désormais, Atiku Abubakar menace de demander l’annulation du scrutin de samedi si l’INEC ne réussit pas à corriger les bulletins de vote et à y introduire son nom : un véritable casse tête qui fait aussi peser une lourde hypothèque sur la présidentielle, et de sérieuses menaces à la stabilité du géant sous régional en Afrique de l’Ouest.
Déjà, les élections aux postes de gouverneurs des différents Etats qui composent la fédération, organisées le week-end précédent la présidentielle, s’étaient soldées par un chaos indescriptible, des scènes de violence et une vingtaine de morts.
Pour parer à toute éventualité, le patron des services de police a interdit tout rassemblement public pour des "raisons de sécurité".
Sur le terrain politique, les leaders de l’opposition continuaient encore leurs difficiles tractations pour se trouver un candidat unique afin de barrer la route de la présidence au candidat Umaru Musa Yar’Adua, parrainé par Obasanjo pour lui succéder à la tête de l’Etat.
Ces pourparlers étaient menés sous la houlette du candidat Muhammadu Buhari, lui-même ancien président et un des candidats de l’opposition.
L’entrée d’Atiku Abubakar pourraient rendre encore plus délicates ces négociations.
Outre Atiku Abubakar, 60 ans, candidat investi par le Action Congress après son exclusion du parti au pouvoir, les autres candidats sérieux à cette présidentielle sont Umaru Musa Yar’Adua, 56 ans, professeur polytechnicien, qui bénéfice du soutien d’Obansajo et du People’s Democratic Party (PDP, au pouvoir); l’ex-chef d’Etat Muhammadu Buhari, 64 ans, candidat du All Nigeria’s People’s Party.
Buhari, comme le président sortant sont tous d’anciens militaires à la retraite qui, avant d’intégrer la vie politique en tant que civils, avaient dans le passé pris le pouvoir par les armes.