Nous n’avons rien demandé (Note de l’Editeur)

C’est donc par un appel téléphonique reçu fin décembre qu’on nous a demandé de « fournir » nos coordonnés au ministère de la Communication et c’est par un appel téléphonique qu’on nous a demandé de venir retirer notre chèque !

Une vraie surprise pour la rédaction d’Ouestaf, qui en plus de quatre ans d’existence n’a jamais rien demandé de ce côté, n’a jamais introduit de requête, ne s’est jamais intéressée à cette subvention, de la création du site à ce jour. Ceci pour diverses raisons qu’il serait fastidieux d’expliquer ici.

Bref retenons qu’en 2010, Ouestaf a, au même titre que d’autres organes de presse du Sénégal, reçu une modeste subvention sur, nous a-t-on dit, proposition d’un « comité consultatif » qui a jugé bon de nous mettre sur la liste des bénéficiaires. Nous nous réservons le droit de participer, au moment opportun, à un débat sur le sens qu’il faut donner à cette aide à la presse et les modalités de sa distribution, étant entendu que la presse, dans sa mission de service public et de vigile de la démocratie, n’est pas et ne doit pas être la seule entité à bénéficier de l’appui de l’Etat. Pourvu que le tout se fasse dans la transparence et sans volonté de manipulation.

Alors que rien ne nous y oblige, nous avons décidé d’en parler publiquement par souci de transparence vis-à-vis surtout de vous nos lecteurs, qui êtes notre seule et première raison d’exister, et vis-à-vis du contribuable sénégalais dont les impôts permettent d’alimenter cette subvention. Enfin vis-à-vis de nous mêmes puisque nous ne cessons de réclamer, à travers nos écrits, transparence à d’autres lorsqu’il s’agit de gestion des biens publics.

Ce même devoir de transparence nous met aussi dans l’obligation de rendre compte de la destination du montant de 1.000.000 FCFA (un million de FCFA) qui nous a été alloué – sur un montant global annoncé de 700.000.000 (sept cent millions FCFA) pour soutenir la presse sénégalaise.

Comme nous l’avons fait hier lorsque nous avons reçu une subvention de la francophonie pour équiper notre rédaction et nos correspondants, nous rendrons compte, jusqu’au dernier centime de la destination de ces fonds. Ils seront utilisés en priorité pour renforcer l’équipement de notre salle de rédaction. Ensuite il servira à notre budget de télécommunications (internet, téléphone) pour la rédaction à Dakar, et très symboliquement pour les 7 correspondants que nous avons dans la sous-région (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Niger et Togo). Des correspondants qui, plus que pour des considérations financières, travaillent avec nous sans relâche depuis le début de cette aventure par idéal, par amitié et par leur désir de contribuer à l’émergence d’un média crédible et indépendant en Afrique.

Une fois les dépenses exécutées, n’importe quel représentant du peuple ou de l’Etat sénégalais pourra, demander et recevoir, les comptes détaillés de la destination de ces fonds. Le montant reçu est dérisoire certes (moins que les gains mensuels d’un bon pigiste qui travaillerait de manière sérieuse et régulière pour la presse internationale). Mais du moment que nous l’avons reçu sans demander et qu’il ne figure pas dans notre « business-plan », nous n’allons pas nous plaindre, encore moins le restituer. Surtout que nous nous efforçons de payer régulièrement nos impôts, en dépit de l’annonce « d’amnistie fiscale » à destination des entreprises de presse.

Enfin, pour nous, le fait d’avoir été « appelé » sans le solliciter, n’est qu’une autre marque de reconnaissance du sérieux de notre travail et de la crédibilité que notre organe de presse a désormais acquise, grâce à vous chers lecteurs. Et pour continuer de mériter votre confiance, soyez assurés que notre ligne éditoriale ne changera pas d’un iota. Pour vous, nous maintiendrons le cap pour une presse libre, indépendante, crédible et de qualité en Afrique.

Ouestaf News
La Rédaction