Partage des ressources pétrolières au Ghana, Ibn Chambas invite à l’équité pour éviter le syndrome nigérian

Le Ghana, nouvellement entré dans la liste des producteurs de pétrole doit commencer ses exportations courant décembre 2010 et certaines populations des zones pétrolifères ont commencé à exiger que leur soient attribués 10 % des revenus pétroliers.

Ce « phénomène (revendications) n’est pas une nouveauté », a estimé M. Chambas cité par l’Agence ce presse ghanéenne (GNA). Le diplomate a toutefois prévenu que si l’on doit bien s’occuper des localités où le pétrole est exploité, il ne faut pas perdre de vue que « les ressources doivent viser un développement national ». A cet effet il a invité le gouvernement à s’inspirer des « méthodes mises en place par d’autres pays producteurs ».

Ancien vice-ministre des Affaires étrangères et ancien président de la Commission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), Mohamled Ibn Chambas est actuellement secrétaire exécutif du Groupe des pays Afrique, caraïbes, pacifique (ACP).

Découvert en 2007, le pétrole Ghanéen est attendu sur les marchés internationaux dès le début du mois de décembre 2010. Les autorités d’Accra prévoient une production journalière de 120.000 barils par jour pour des réserves totales estimées à trois milliards de barils.

A l’annonce de la découverte du pétrole au Ghana, qui a coïncidé avec une flambée de violence au Nigeria liée au partage des revenus pétroliers, plusieurs voix se sont élevées pour mettre en garde le gouvernement ghanéen sur la gestion d’une question jugée très sensible.

Plusieurs rencontres ont été tenues sur la question de la répartition des revenus tirés du pétrole et de la gestion des ressources en général, l’objectif étant d’arriver a asseoir une méthode de gestion efficace et fiable à même de préserver la paix sociale.

« Au Nigeria, la découverte (du pétrole) a été à l’origine de beaucoup de dégâts », rappelait le Haut-commissaire du Nigeria au Ghana, Musiliu Obanikoro, invitant ainsi le gouvernement ghanéen à contrebalancer le poids des entreprises étrangères en définissant une politique qui inclue la participation des populations locales dans la gestion du secteur.