Présidentielle au Burkina : Blaise fait un score comme au bon vieux temps, l’opposition proteste

Le score du président Compaoré, selon les résultats officiels provisoires rendus publics par la
Commission nationale électorale indépendante (Ceni) dépasse les 80 %, ramenant dans les mémoires des scores que l’on croyait révolu depuis la généralisation en Afrique du multipartisme au début des années 90.

Avant même la publication des résultats provisoires, quatre candidats de l’opposition avaient conjointement rejeté le verdict, dans lesquel, disaient-ils, ils ne se reconnaissaient pas.

« Nous rejetons tout résultat(…) qui sera prononcé par la CENI actuelle à l’issue du 1er tour du scrutin présidentiel du 21 novembre 2010 », affirmait dès le lendemain de l’élection le candidat Bewendé Sankara, considéré comme le « chef de file de l’opposition ».

« La CENI s’est discréditée à tous points de vue en violant délibérément le code électoral et en instaurant des dispositions qui favorisent ouvertement la fraude », avait ajouté Me Sankara squi s’exprimait lors d’une conférence de presse commune avec trois autres candidats à la même présidentielle : Arba Diallo, Boukary Kaboré et François Kaboré.

La présidentielle opposait au total sept candidats, dont le président sortant qui était donné largement favori par tous les analystes, alors qu’une bonne partie de l’électorat boudaient les urnes.

Au pouvoir depuis l’assassinat du capitaine Thomas Sankara en 1987, Compaoré emporte une présidentielle sans enjeu et sans suspense, qui n’a pas suscité l’enthousiasme des Burkinabè.
Le taux de participation a été chiffré à 54,9 % et seules 3, 2 millions de personnes s’étaient inscrites sur les listes électorales, sur un potentiel de 7 millions d’électeurs.

Le président Compaoré, 59 ans, a remporté tous les scrutins présidentiels depuis que son pays a instauré la démocratie multipartite (1991,1998 et 2005). Il doit en principe effectuer son tout dernier mandat avec ce dernier scrutin, à moins de suivre l’exemple de l’ex-président nigérien Mamadou Tandja (actuellement en détention).

M. Tandja, pour ne pas quitter le pouvoir après son second et dernier mandat, avait modifié la constitution nigérienne pour rester au pouvoir. Il fut immédiatement après renversé par l’armée.