Prix africains de Fact-checking : Bénin, Côte d’Ivoire et Sénégal à l’honneur

Journaliste à Radio Parakou, dans le nord du Bénin, Alexandra Djotan a été primée pour son reportage intitulé : « La libération forcée des emprises du domaine public fait des millions de victimes ». Ce travail de vérification porte sur les conséquences de la vaste opération de déguerpissement décidée par le gouvernement dans huit grandes villes du pays.

« Je suis ravie que mon travail ait retenu l’attention du jury », a déclaré, à Ouestafnews, Alexandra Djotan. L’essai s’est donc révélé gagnant pour cette jeune journaliste qui dit découvrir le fact-checking. Elle a réussi un essai gagnant aux yeux du jury.
Le second prix de cette catégorie francophone est revenu à l’Ivoirienne Nesmon de Laure Pie de la Côte d’Ivoire.

« De plus en plus des propos inexacts sont tenus par des personnalités publiques. Donc, il nous appartient d’aller au fond du sujet pour différencier les faits de la fiction », souligne la journaliste de poleafrique.info. Elle a été distinguée pour son article titré : « Décryptage – Naissances élevées, les experts s’affrontent, l’Afrique peut avaler ses populations».

Au niveau de la catégorie anglophone, le premier prix a été remporté par Dorothy Otienno du Kenya et le second prix est revenu au Camerounais Arison Tamfu.

Progrès et innovation

Initiés par Africa Check dont la rédaction francophone est logée dans les locaux de l’Ecole supérieure de journalisme, des métiers de l’internet et de la communication (Ejicom) à Dakar, les prix africains de fact-checking en sont à leur quatrième édition. En 2017, les organisateurs notent une participation record avec 159 candidatures issues de 25 pays allant de l’Algérie au Maroc en passant par les Comores et l’Afrique de l’ouest.

« Le nombre de cesse d’augmenter et cela montre la vitesse avec laquelle cette nouvelle forme de journalisme s’étend », a déclaré, Peter Cunliffe-Jones, le directeur exécutif d’Africa Check.

En plus de l’intérêt grandissant que suscitent les prix africains de fact-checking, l’introduction d’une catégorie réservée aux étudiants en journalisme a constitué la particularité de l’édition 2017.
Dans ce lot, la palme est revenue à Moussa Ngom, étudiant au Centre d’études des sciences et techniques de l’information (Cesti) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Son article « Pourquoi Macron a tout faux ? » est le seul à être retenu dans cette catégorie. « Il démonte les propos d’Emmanuel Macron imputant la pauvreté en Afrique à un fort taux de fécondité », souligne le communiqué d’Africa Check.
Les lauréats ont reçu chacun 2.000 dollars pour les premiers prix, 1.000 dollars pour les deuxièmes prix et 500 dollars pour la catégorie réservée aux étudiants.