Retour à l’ordre constitutionnel en Guinée : la CEDEAO s’inquiète du “manque de progrès”

Réunis en session ordinaire le 22 juin 2009 à Abuja sous la présidence du chef de l’Etat nigérian, Umaru Musa Yar’Adua, président en exercice de la CEDEAO, les chefs d’Etats et de gouvernement ont exhorté le Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD, junte militaire au pouvoir en Guinée) « à respecter son engagement pour la restauration de l’ordre constitutionnel en 2009 », selon un communiqué de l’institution sous-régionale parvenu à Ouestafnews.
A cet égard, les chefs d’Etat souhaitent que soient autorisées « toutes les activités des partis politiques » en vue de l’organisation des « élections législatives et présidentielle ».
Le sommet des chefs d’Etat invité plus particulièrement le CNDD à « honorer ses engagements financiers pour la préparation desdites élections, à finaliser le processus de confection des listes électorales et à mettre en place sans délais le Conseil national de transition ».
Par ailleurs la conférence a lancé un appel aux membres du CNDD ainsi qu’au gouvernement de transition à « respecter leur engagement de ne pas se présenter auxdites élections ». Selon le texte, la conférence a également exhorté les autorités en place à ‘’prendre toutes les dispositions nécessaires pour intensifier la lutte contre la criminalité économique et veiller au respect de l’Etat de droit’’.
Les chefs d’Etat et de gouvernement ont lancé un appel pour « un renforcement de la présence en Guinée de la Cedeao et du Groupe international de contact » et plaidé pour un « dialogue régulier et soutenu » avec le CNDD et les autres parties prenantes en vue d’assurer la mise en œuvre du chronogramme pour la tenue des élections crédibles en 2009.
La Guinée est dirigée depuis le 23 décembre par un régime militaire qui a suspendu la Constitution ainsi que les principales institutions du pays et a mis en place un CNDD, à la suite du décès du président Lansana Conté.
Actuellement le pays fait face à des sanctions prononcées par diverses organisations internationales dont notamment l’Union africaine, la CEDEAO, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) qui, toutes réclament un « retour rapide à l’ordre constitutionnel ».
Les Etats Unis d’Amérique ont aussi suspendu leur aide non humanitaire à la Guinée.
En dépit de ses énormes richesses minières et énergétiques, la Guinée reste un pays très pauvre qui manque d’infrastructures et où la majorité de la population n’a pas accès aux services de bases.