Rio+20 : « économie verte », le rejet de l’Afrique

« On ne comprend pas pourquoi les dirigeants africains se sont ralliés à la notion d’ économie verte qui est très contestée car il n’y a pas de consensus sur sa définition », a déclaré à Ouestafnews Jean Philipe Thomas du Secrétariat exécutif de Enda Tiers-monde, ONG internationale basée à Dakar.

Selon, lui ce manque de compréhension unanime de l’économie verte va poser problème au niveau de la mobilisation à l’échelle internationale.

« Ce qui va ressortir du texte de Rio c’est que chaque pays définit l’économie verte comme il le souhaite, ce qui n’apporte absolument rien et surtout pas de financements puisque la notion n’est pas partagée par la communauté internationale », a-t-il expliqué.

Selon le rapport 2011 du Programme des Nations –unies pour l’environnement (Pnue) l’économie verte est définie comme une « économie qui entraîne une amélioration du bien-être humain et de l’équité sociale tout en réduisant les risques environnementaux et la pénurie des ressources ».

Dans ce texte consulté par Ouestafnews, le Pnue prend le soin d’indiquer que ce nouveau concept évoqué pour la première fois en 2008, ne vient pas remplacer celui de « développement durable », antérieurement en vogue chez les écologistes et autres militants altermondialistes. Ceci est néanmoins loin de convaincre nombre d’ONG qui dénoncent la naissance d’un « capitalisme vert », encore appelé « économisme ».

« Le problème c’est que les pays dominants dictent leurs règles, notamment à travers l’édification de labels », estime l’économiste algérien Kouider Boutaleb sur le site maghrebemergent.com, qualifiant l’économie verte de « concept ambigu ».

Rio+20 prend fin vendredi 22 juin 2012 par une déclaration finale négociée dans la douleur. Selon le site d’actualités de l’Organisation des Nations-Unies (Onu), outre le concept d’économie verte « le document final » de la conférence va proposer « une large gamme d’initiatives, à commencer par l’établissement d’objectifs de développement durable, (calqués) sur le modèle des Objectifs du Millénaire pour le développement ».

Mais avant même la fin de la conférence, les médias internationaux ainsi que plusieurs ONG et des leaders d’opinion ont simplement décrété son échec.