Sahel : le péril acridien s’ajoute au déficit de production agricole

« Des groupes d’adultes et de petits essaims (de criquets) arrivent dans le nord du Niger et du nord-Mali en provenance du sud-est algérien et du sud-ouest de la Libye », a déclaré à Ouestafnews Keith Cressman, un des chargés de l’information de la Fao dans un entretien pas courrier électronique en date du 5 juin 2012.

« La population locale doit être informée et mise à contribution par les autorités dans le travail de localisation des zones infestées », a-t-il recommandé, avant de préconiser la prise des mesures préventives.

Pour le cas du Mali, il a fait savoir que le travail risque d’être très difficile pour les équipes de terrain, en raison de l’insécurité qui règne dans le nord et le vide politique dans la capitale malienne.

Quant au Niger qui subit régulièrement des crises alimentaires ces dernières années, cette menace acridienne s’ajoute à une baisse de production céréalière chiffrée à 31 % cette année par la Communauté économique des états de l’Afrique de l’ouest (Cedeao).

L’alerte de la Fao ne concerne pour l’instant que le Niger et le Mali et dans une moindre mesure le nord du Tchad, selon Keith Cressman, précisant que « les autres pays sahéliens ne sont pas à risques ».

La dernière invasion acridienne dans la région remonte à la période 2003-2005, occasionnant d’énormes pertes de récoltes au Burkina Faso, en Gambie, au Niger, au Mali, en Mauritanie et au Sénégal entre autres.

Pour cette année, la grande menace en matière de sécurité alimentaire pour l’ensemble des pays sahéliens reste surtout le déficit de production céréalière, estimé à 9 % par rapport à l’année précédente, et qui touche plus durement des pays comme la Gambie, le Sénégal et le Niger.