Sénégal : « impossible » d’avoir un scrutin transparent, selon le M23

Né à la suite de violentes manifestations populaires organisées le 23 juin 2011 pour s’opposer à un projet de réforme constitutionnel en discussion à l’assemblée nationale, le M23 s’est donné aujourd’hui comme principal mission de s’opposer à la candidature du président sénégalais Abdoulaye Wade pour un 3ème mandat,

Un ensemble de facteurs, dont « un climat d’insécurité générale et accélérée (…) rendent impossible la tenue d’un scrutin transparent, libre, apaisé et fondé sur le respect de la constitution », affirme le M23 dans un communiqué parvenu à Ouestafnews.

Entre autres griefs, ce communiqué souligne l’incapacité de la Commission nationale électorale autonome, (Cena) à « faire respecter la loi électorale (…) les graves dysfonctionnements des institutions de régulation (…) la présence d’agents provocateurs d’Abdoulaye Wade qui terrorisent manifestants, populations et leaders politiques et de la société civile, notamment par un harcèlement constant des personnalités du M23 et de leurs familles ».

Le M23, qui dit clairement ne pas reconnaître la décision du Conseil constitutionnel dont les membres sont au passage ouvertement accusés de corruption, a initié des séries de manifestations à travers le pays pour exprimer son désaccord. Ces manifestations lancées dès l’annonce de la validation par le Conseil constitutionnel de la candidature du président sortant ont fait au « total 15 morts et plus de 539 blessés », mis sur le dos du régime par ses opposants.

Les partisans du président Wade rejettent quotidiennement toutes ces accusations et à leur tour chargent à certains candidats présents dans le M23, de ne pas vouloir aller à une élection « perdue d’avance » et de vouloir plutôt installer la violence et le chaos dans le pays. Ces échanges verbaux ont ajouté à la tension et au sentiment d’inquiétude au sein des populations qui
s’attend à vivre un scrutin à hauts risques.

L’Union africaine et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest ont dépêché à Dakar une délégation conduite par l’ex-président nigérian Olusegun Obasanjo pour d’abord superviser le processus électoral mais aussi pour tenter de calmer la situation et renouer le fil du dialogue entre le président et son opposition qui ne se parlent plus depuis 2007.