Sénégal : arrivée de 163 étudiants haïtiens, des décennies après les premiers « retours »

« Un accueil chaleureux » a été réservé à ses étudiants haïtiens, écrit l’’Agence de presse sénégalaise (APS, officielle) sur son site web consulté par Ouestafnews.

Une cérémonie était prévue en l’honneur des nouveaux arrivants en présence du président sénégalais Abdoulaye Wade, selon la même source qui ne précise pas si ces étudiants vont s’établir pour de bon au Sénégal où s’ils vont rentrer dans leur pays natal après leur formation.

Au lendemain du tremblement de terre qui avait frappé Haïti, le 12 janvier 2010, le président sénégalais avait proposé le rapatriement en Afrique de tous les Haïtiens qui le souhaitaient, affirmant que c’était leur « terre d’origine », une proposition qu’une bonne partie de l’opinion internationale avait alors jugé « irréaliste », « populiste » , ou encore « utopique » pour un pays confronté à d’énormes difficultés économiques.

Les étudiants haïtiens ayant choisi de venir s’installer au Sénégal espèrent y avoir plus de chance de poursuivre leurs études, leu pays natal étant encore tout en ruines après le séisme qui a fait entre 150.000 et 300.000 morts, selon les sources.

Ce n’est pas la première fois que des Haïtiens ou des Noirs d’origine africaine éparpillés dans les pays dits de la « diaspora » tentent un retour en Afrique.

Au début des années 60, à l’initiative de son premier président Léopold Sédar Senghor, le Sénégal nouvellement indépendant avait déjà accueilli plusieurs intellectuels et hommes de culture noirs dont des Haïtiens. Parmi ceux-ci figurent le célèbre couple de comédiens Lucien (aujourd’hui décédé) et Jacqueline Lemoine ainsi que le poète et sculpteur Gérard Chenet qui ont choisi de s’installer définitivement au Sénégal.

Ailleurs en Afrique de l’Ouest, le Bénin ainsi que le Ghana accueillent depuis des décennies de fortes communautés issues de la diaspora noire et composées essentiellement de descendants d’anciens esclaves, qui ont décidé d’effectuer le voyage « retour » en terre africaine, affirmant souvent être en quête de leurs vraies racines.

Quant au Liberia, la création même du pays est considérée comme étant le résultat d’une opération de « retour » d’anciens esclaves noirs ou de leurs descendants venus des Etats-Unis.