Sénégal : les militaires aux urnes, dernier virage vers le 25 février

Pendant ce temps quelques 24.000 militaires et paramilitaires achevaient de jouer leur partition lors d’un scrutin séparé organisé pendant le week-end à leur seule intention. Ce scrutin des "hommes en uniforme" s’est déroulé en général dans le calme selon des témoignages recueillis par Ouestafnews.
Après deux semaines de campagne, l’Etat major électoral du chef de l’Etat sortant, Abdoulaye Wade, continue d’annoncer "la victoire au premier tour" de son candidat et déploie d’immenses moyens pour y parvenir.
Ces supporters du président se disent confiants et brandissent en exemple ses "nombreux chantiers" en cours, à l’image d’une bretelle de route inaugurée cette semaine, en pleine campagne électorale dans la Corniche ouest de Dakar et qui devrait aider à décongestionner la circulation automobile dans la capitale sénégalaise.
Toutefois, tous les analystes sérieux s’accordent à dire qu’une victoire au premier tour n’est à la portée d’aucun des candidats, si le vote se déroule "normalement". Ces analystes se fondent pour la plupart sur les chiffres du scrutin de 2000, sur le nombre de candidats et sur la mobilisation des citoyens autour des candidats de l’opposition.
S’y ajoutent les échecs patents du régime dit de "l’alternance" dans plusieurs domaines clés comme l’économie, l’emploi, la lutte contre la corruption, etc..
L’ancien premier ministre sénégalais Mamadou Loum, aujourd’hui consultant international, invité de la RFM (radio privée) exactement à une semaine de l’élection "a prédit qu’il y aura un second tour ‘si la présidentielle se déroule dans la transparence”, écrit l’Agence de presse sénégalaise dans son site Internet visité par Ouestafnews.
Au même moment, l’opposition qui présente au moins quatre candidatures pouvant chacune inquiéter le candidat Abdoulaye Wade, continue d’accuser le régime en place de se préparer à une fraude massive.
De l’intérieur du pays, où il se trouvait encore en campagne le candidat Abdoulaye Bathily, a fait part des ses inquiétudes et accusé le ministre de l’intérieur Ousmane Ngom de préparer des urnes de "substitution" pour "remplacer" celles utilisées pour le vote des corps militaires et para-militaires.
Ceux-ci ont voté pour la première fois dans l’histoire du Sénégal indépendant le 17 et 18 février, suite à un amendement de la loi qui leur interdisait jusque-là de participer aux différentes élections dans le pays. Le dépouillement de leurs votes aura lieu le 25 février en même temps que celui de la majorité des Sénégalais.
En l’absence de sondages (interdits par la loi), seule la présence des foules aux meetings et autres manifestations des candidats permet de se faire une idée de leur popularité.
Ainsi, de l’avis de beaucoup d’observateurs indépendants, on pourrait retrouver au deuxième tour et dans l’ordre alphabétique deux parmi les cinq candidats suivants : Abdoulaye Bathily, Ousmane Tanor Dieng, Moustapha Niasse, Idrissa Seck et Abdoulaye Wade.
Dans un tel cas de figure la victoire finale dépendra des alliances qui vont se nouer au second tour.