Sierra Leone: le ministre de l’énergie viré pour incompétence

« Plusieurs réunions ont été tenues sur l’état de la situation énergétique du pays, à l’issue de cette série de rencontres, le président Koroma a pris la décision de limoger, le ministre de l’Energie qui a prouvé son incapacité à mener efficacement la politique du gouvernement en la matière », souligne ce texte laconique consulté par Ouestafnews.

Selon la presse locale, la production électrique qui avait connu des progrès avec la venue du Président Koroma, a renoué avec les difficultés, caractérisées par le retour d’importants délestages dans la capitale Freetown.
Le barrage hydroélectrique de Bumbuna (Nord-est), qui alimente la capitale depuis son inauguration en 2009, est confronté depuis des mois à des problèmes techniques.

Au-delà, du ministre lui-même, la colère du président Koroma s’est aussi abattue sur tout le département ministériel : Martin Bash-Kamara, ministre adjoint de l’énergie a aussi été limogé tandis que de haut cadres comme le directeur de l’énergie, Zubairu Kalokoh sont pour le moment suspendus en attendant des sanctions disciplinaires.
C’est la troisième fois que le président Koroma se débarrasse d’un ministre de l’énergie depuis son arrivée au pouvoir en 2007.

La Sierra Leone, forte de sa croissance à deux chiffres, de rigueur ces derniers années compte sur un secteur énergétique stable afin d’attirer plus d’investissements.

Peuplé de 5, 6 millions d’habitants, la Sierra Leone comme beaucoup de pays de la sous-région ouest africaine fait face à un déficit énergétique, évaluée, selon des chiffres officiels, à 200 mégawatts, alors que sa production actuelle d’électricité est de 97 mégawatts.

Une semaine avant son limogeage, Oluniyi Robin-Coker, présentait dans un entretien avec Businessweek, la forte ambition de son pays dans le domaine de l’énergie. Il y affirmait notamment la volonté des autorités sierra léonaise de porter à 750 mégawatts, sa production d’électricité dans les trois prochaines années, grâce à une douzaine de partenariats avec des entreprises étrangères, spécialisées dans l’énergie thermique.

Selon la Cedeao, la production énergétique en Afrique de l’Ouest, ne couvre que 30 % des besoins actuels et la demande va atteindre 22.000 mégawatts en 2020.