Tchad Soudan : l’accord de Dakar anéanti, la médiation refuse de lâcher


Par Ouestafnews

Le groupe de contact est composé de ministres représentant les pays impliqués dans la médiation ainsi que les deux Etats bélligérants.
Réuni le 12 mai à Tripoli en l’absence de la partie soudanaise, ce groupe de contact, s’est dit vivement « préoccupé » par la situation qui prévaut actuellement entre les deux pays et condamné que qu’il qualifie de tentative de « déstabilisation » contre le Soudan, selon le document final de la rencontre transmis à Ouestafnews..
Le 10 mai, des troupes rebelles venues du Darfour ont lancé un assaut sur Khartoum avant d’être écrasées par l’armée soudanaise aux portes de la capitale.
Le Soudan a immédiatement accusé le Tchad d’être l’instigateur de cette attaque et rompu ses relations diplomatiques avec Ndjamena.
En signe de représailles, le gouvernement tchadien a ordonné la fermeture de sa frontière avec le Soudan et interdit à ses citoyens d’entreprendre toute transaction, de quelque nature que ce soit, avec ce pays.
Ces incidents surviennent deux mois seulement après l’accord de Dakar et confortent l’hypothèse alors avancée par les analystes, à savoir que l’accord du 13 mars n’était que de pure forme.
La partie soudanaise avait déjà manifesté son scepticisme, d’abord en traînant les pieds avant de signer et en affirmant avant même de parapher le document qu’il s’agissait d’un énième accord qui n’avait pas beaucoup de chances d’être respecté.
En dépit de toutes ses difficultés, le groupe de contact qui se rencontrait pour la deuxième fois après une première réunion tenue en avril dernier à Libreville, a affirmé sa détermination à « prendre toutes les initiatives appropriées susceptibles de ramener le Tchad et le Soudan sur la voie du dialogue ».
Le Soudan et le Tchad se livrent depuis plusieurs années à une guerre larvée par mouvements rebelles interposés et s’accusent mutuellement de velléités déstabilisatrices.
Khartoum fait face à une rébellion dans sa province du Darfour, frontalière du Tchad et Ndjamena fait face à une opposition armée qui veut en finir avec le régime du président Idriss Déby.
En février dernier, c’est Ndjamena qui accusait Khartoum d’avoir aidé l’opposition armée tchadienne à s’emparer de la capitale manquant de peu de chasser Déby du pouvoir.