Togo : hausse substantielle des prix de l’électricité

Cette hausse prévue à partir de ce mois de janvier 2011, « s’explique à la fois par la fin de la politique de subvention, par les tarifs pratiqués par les fournisseurs de la Compagnie énergie électrique du Togo(Ceet), et par les fluctuations des coûts de production », précise la même source.

Ce renchérissement du coût de l’électricité intervient quelques mois après l’inauguration d’une nouvelle centrale d’une valeur de 192,4 millions de dollars, construite par la compagnie américaine Contourglobal pour une capacité de production 100 mégawatts.

« La mise en service de cette centrale, au delà de donner à la république togolaise un certain confort dans la fourniture de l’énergie électrique, va permettre de contribuer à améliorer la qualité de l’ensemble du réseau électrique interconnecté de la zone A du West African Power Pool (Wapp) comprenant le Nigeria, le Bénin, le Ghana, la Côte d’Ivoire et bien sûr le Togo », avait alors affirmé Dammipi Noupokou, le ministre togolais de l’énergie.

Le ministre avait toutefois averti que les Togolais ne devaient pas s’attendre à une baisse des tarifs, en précisant que l’utilisation du fioul lourd à la place du gaz naturel ne permet pas encore d’alléger la facture.

Cette situation, selon le ministre va se prolonger en attendant la mise en place du gazoduc ouest-africain, un vieux projet de la communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) dont l’idée avait été lancé en 1982 dont l’achèvement était initialement prévu pour 2005, mais qui tarde toujours à voir le jour.

Selon l’accord signé entre les gouvernements du Nigeria, du Bénin, du Togo et du Ghana, il a été convenu que le pipeline de 1.033 kilomètres et d’un coût de 500 millions de dollars (environ 250 milliards de francs) devrait initialement transporter 120 millions de mètres cubes de gaz par jour du Nigeria vers ses trois voisins ouest africains.

L’électricité reste un problème majeur dans l’ensemble de la sous-région ouest africaine, en dépit des multiples initiatives annoncées comme Le Pool énergétique ouest africain (Wapp, selon le sigle en anglais), lui aussi vieux un projet d’interconnexion des réseaux électriques des pays ouest africains, sous l’égide de la Cedeao qui tarde encore à voir le jour.

Dans des pays comme le Sénégal, le Nigeria, la Guinée Bissau, les populations vivent depuis des années avec la hantise des délestages qui parfois durent plusieurs heures, au point que le commerce des petits groupes électrogènes y est devenu une affaire très florissante.